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 N O U V E L L E S

La Havane. 1 Avril 2005

 

Le terroriste Luis Posada Carriles se réfugie aux États-Unis

PAR JEAN-GUY ALLARD

LUIS Posada Carriles, le terroriste le plus dangereux du continent, qui a publiquement juré à Panama qu'il continuerait à commettre des actes criminels, s'est réfugié aux États-Unis où il a négocié les détails de sa reddition, des procédures qui suivraient et de sa permanence aux USA avec les autorités nord-américaines de l'immigration.

 Selon l'agence espagnole EFE, Posada Carriles a négocié depuis déjà quelques jours cette reddition aux autorités étasuniennes. L'agence confirme avoir obtenu ses informations de "sources" liées aux cercles terroristes cubano-américains et le Canal 41 de la télévision locale cite des sources extra-judiciaires. Pour sa part le Nuevo Herald cite "une souce familière avec le dossier".

 Selon le Herald, Posada a négocié sa reddition, les procédures et sa permanence avec le bureau local de l'Immigration et des Douanes (ICE) du Département de sécurité du territoire.

 Posada est responsable de multiples actions terroristes, dont l'explosion d'un avion de Cubana de Aviacion à la Barbade qui a causé la mort de 73 personnes en octobre 1976. Le Venezuela a sollicité son extradition pour ces faits après sa fuite de la prison de San Juan de los Morros, à 140 kilomètres de Caracas, en 1985, avec l'aide de la Fondation nationale cubano-américaine de Miami.

TRAJECTOIRE INFERNALE

 Agent actif de la CIA depuis 1963 jusqu'au 13 juillet 1976, officiellement, comme le confirment des documents déclassifiés de la Commission Church, Luis Posada Carriles se trouvait à Dallas quand a été assassiné le président John F. Kennedy et les experts son nombreux qui le soupçonnent d'avoir été l'un des franc-tireurs qui ont exécuté le président nord-américain.

 Il a agi simultanément pour le compte de la CIA comme spécialiste en démolition, sabotage et informateur jusqu'à ce que ses relations trop malodorantes avec le monde du narcotrafic de la Floride du sud amènent la Compagnie à lui suggérer de rechercher ailleurs sa subsistance.

 Au début de 1976, Posada s'est joint, avec les meilleures recommandations de la CIA, à la DIGEPOL vénézuélienne dont il a pris la direction lorsque cette agence de politique s'est convertie en la DISIP pour en finir avec la guérilla à force de répression sanglante... Là, selon ses propres affirmations, il a organisé et participé à un véritable massacre en séquestrant, torturant et assassinant en toute liberté.

 En 1973, après avoir perdu son poste, il a organisé avec son ami, le pédiatre assassin Orlando Bosch, l'attentat contre l'appareil de Cubana de Aviacion qui a occasionné 73 morts et pour lequel il s'est alors retrouvé derrière les barreaux d'un pénitentier.
 Son évasion de prison, négociée et payée par le fondateur de la FNCA, Jorge Mas Canosa, son vieux complice de Fort Benning, lui a permis de réapparaitre sur la base salvadorienne de Ilopango où, avec Félix Rodriguez Mendigutia,  l'homme de confiance de George Bush père, il a organisé le gigantesque échange armes contre drogues en faveur de la contra nicaraguayenne à l'origine du scandale coca-contra.

 Le vieil assassin a continué en organisant des tentatives d'assassinats contre le président de Cuba (y compris l'affaire du yacht La Esperanza qui a échoué à Porto Rico à cause d'une intervention imprévue de la garde côtière) et des actions terroristes comme cette campagne de 1997 contre les sites touristiques de l'île jusqu'à son arrestation à Panama, en novembre 2000.

 Gracié par la présidente Mireya Moscoso, le jeudi 26 auût dernier, Posada est disparu durant une escale au Honduras tandis que ses trois complices miamiens, Pedro Crispin Remon, le tueur d'Omega-7, Gaspar Jiménez et Guillermo Novo, ceux du CORU, étaient accueillis à Miami... sans la moindre intervention des individus supposément chargés de l'application des lois nord-américaines et des dispositions des conventions contre le terrorisme. Et sous les applaudissements d'une cinquantaine d'individus liés à la terreur.

 À San Pedro Sula, où il est arrivé avec un passeport nord-américain trafiqué au nom de Melvin Cloide Thompson, Posada a été accueilli, supposément, par son associé de toujours, Rafael "Ralph" Hernandez Nodarse.

 À la suite d'un cirque médiatique, on a alors perdu sa trace.

OFFICIELLEMENT OU NON OFFICIELLEMENT?

 Selon la journaliste nord-américaine Anne-Louise Bardach et plusieurs experts, Posada a effectué, illégalement, au cours des années, plusieurs voyages en territoire nord-américain.

 Quand il accorde à Bardach, à partir du 18 juin 1998 et durant trois jours, l'entrevue où il confesse recevoir du financement de la FNCA, Posada révèle qu'il dispose alors de quatre passeports distincts de différents pays et sous de fausses identités.

 « Il a admis avoir un passeport nord-américain bien qu'il refuse de dire comment il l'a obtenu et d'en révéler le nom », écrit la reporter. « Je lui ai demandé quand il avait visité les États-Unis pour la dernière fois et il a répondu avec un rire et sa propre question: 'Officiellement ou non officiellement ?' Il a ajouté qu'il avait utilisé son faux passeport nord-américain occasionnellement pour visiter les États-Unis non-officiellement... »

 Un ami de Posada a ensuite affirmé à Bardach qu'il avait acheté le passeport d'un officier corrompu à Miami et qu'il était sous « un nom gringo, d'Atalanta, Georgie ».

 « J'ai beaucoup de passeports », a insisté Posada dans sa conversation avec le journaliste. « Si je veux aller à Miami, j'ai différentes façons d'y aller. Il n'y a pas de problème ».

 Profitant de la tolérance assassine concédée aux États-Unis aux individus contre qui ont lutté les Cinq Cubains antiterroristes qui demeurent cruellement incarcérés par la justice impériale, Posada est rentré en territoire nord-américain sans problème.

LE FBI IGNORAIT-IL LA PRÉSENCE DU VIEIL ASSASSIN?

 Le FBI du Special Agent in Charge Michael S. Clemens, "spécialiste du terrorisme" ignorait-il que Posada était aux États-Unis? Ses services seraient-ils si mal informés malgré leurs multiples liens avec les cercles terroristes miamiens, confessés par son prédécesseur Hector Pesquera? La police fédérale ne savait donc pas ce que Remon, Jiménez et Novo commentaient déjà?

 Dans une entrevue récente accordée au Miami Herald, Clemens a souligné que dans leur lutte contre la terreur « les ports et les aéroports » de Miami constituent une priorité absolue. Tout parait confirmer, avec la grossièreté de la réapparition de Posada aux États-Unis, que cette priorité ne s'applique pas aux terroristes cubano-américains.

 Il y a tout juste quelques jours, Ricardo Alarcón, président du Parlement cubain, a présenté à la presse un document déclassifié du FBI qui indiquait que la police fédérale nord-américaine connaissait il y a 40 ans les adresses où le terroriste international vivait en Floride. Dans une déclaration assermentée qui faisait partie du document, Posada affirmait qu'il agissait toujours avec la conviction de compter sur la tolérance du gouvernement des États-Unis.

 « Faudra-t-il encore 40 ans pour que le FBI nous fasse connaitre un document qui comprenne l'adresse personnelle et les contacts qu'ils entretiennent aujourd'hui avec ce monsieur Posada ? », demandait alors le dirigeant cubain.

 Durant son séjour à la prison panaméenne de El Renacer, tant Posada que Remon, Jiménez et Novo ont proclamé à plusieurs reprises devant les caméras de télévision, tant de Miami que de Panama, qu'ils espéraient sortir de là pour continuer à commettre des actes de terrorisme.

 L'appareil judiciaire nord-américain continuera-t-il à négocier avec le terroriste le plus dangereux du continent ?

 

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