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La Havane. 12 Juillet 2012 

Un hôtel de style colonial

Juan Antonio Borrego

TRINIDAD, Sancti Spiritus. — Lorsque les architectes eurent sur leur bureau le projet d’élaborer les plans d’un nouvel hôtel sur la péninsule d’Ancon, dans la région de Sancti Spiritus, ils proposèrent de construire sur les rivages de la plage un hôtel dans le style colonial de Trinidad.

Le complexe hôtelier Brisas Trinidad del Mar offre ainsi à ses clients une architecture composée d’arcs en plein cintre, de balustrades, de baies vitrées, et d’imitations de miradors de l’époque coloniale. Un hôtel de 241 chambres réparties en sept bâtiments de trois étages, avec piscines, restaurants, bars, cafétérias et autres espaces conçus spécialement pour la détente.

Après 10 ans d’exploitation – sa construction remonte à 2001 – l’hôtel Brisas Trinidad del Mar, de la chaîne Cubanacan, propose plus que l’enchantement de son architecture de style colonial et son emplacement exceptionnel au bord d’une des plus belles plages de la côte cubaine.

« Le maintenir dans cet état exige du travail, des ressources et pas mal de maux de tête », admet le jeune Alderlayse Llanes, sous-directeur général de l’établissement, un des trois hôtels à administration unique, au sud de la ville de Trinidad – les deux autres étant l’hôtel Ancon et le Costa Sur.

SUR UNE PÉNINSULE DE CRISTAL

Le jeune cuisinier Luis Manuel Simon n’en croyait pas ses yeux lorsque, en juin 2005, après le passage dévastateur du cyclone Dennis, il retrouva son lieu de travail transformé en un amas de décombres, les vitres en mille morceaux, la vaisselle mêlée aux meubles brisés, et une tuile créole plantée dans le tronc d’un des palmiers du jardin.

Le cyclone détruisit une grande partie du sud de la région de Sancti Spiritus, interrompit l’approvisionnement d’eau et coupa l’électricité pendant 15 jours, mais, à cette occasion, le personnel de Trinidad del Mar a retenu une leçon : quand il existe une capacité de réponse, aucun coup n’est mortel, aussi dur qu’il soit.

La politique de protection du patrimoine, contenue dans les Orientations approuvées par le 6e Congrès du Parti, se traduit dans ce cas par la nécessité d’entretenir l’établissement quotidiennement. Une formule qui, selon les directeurs, « est la seule façon de maintenir l’hôtel comme neuf ».

Après les sécheresses chroniques qui ont sévi dans la région, et les dommages aux services électriques à d’autres périodes, le personnel de l’hôtel a appris à économiser l’eau sans porter atteinte au fonctionnement de l’établissement. Il maintient la consommation énergétique au-dessous des prévisions, grâce à l’exploitation rationnelle de l’établissement, et à la diminution des aires de services et des offres en basse saison.

Pour construire l’hôtel Trinidad del Mar, il a d’abord fallu « emprunter » du terrain à la nature pour construire le pedraplen (route dans la mer) de la baie de Casilda, et ensuite, entre celui-ci et la pointe d’Ancon, extraire des milliers de tonnes de vase, puis créer une vaste plateforme artificielle où s’élève aujourd’hui le pittoresque complexe hôtelier.

« Nous avons mis sur pied un système de gestion de l’environnement, explique le sous-directeur général, qui comprend la formation systématique du personnel, ainsi que l’application de conditions supplémentaires exigées par le ministère de la Science, de la Technologie, et de l’Environnement.

SANS CRAINTE DE LA CONCURRENCE

L’attrait de Trinidad et de la Vallée des Ingenios, inscrite par l’UNESCO au Patrimoine culturel de l’Humanité, la proximité des montagnes Guamuhaya, où serpentent de magnifiques sentiers, ainsi que les plages de rêve dans le sud, font de l’hôtel un lieu de vacances privilégié qui, pendant la haute saison touristique, maintient un taux d’occupation de 95%.

Alderlayse Llanes nous confie qu’il ne craint pas la concurrence des plus de 600 chambres à louer chez des particuliers de Trinidad, car en fin de compte, « chaque touriste sait très bien ce qu’il recherche. Le tourisme en maison particulière est une chose, celui-ci en est une autre, et les deux sont complémentaires. »

L’hôtel Trinidad del Mar peut compter sur la stabilité de son personnel d’environ 180 personnes – qui en haute saison atteint les 250 – qui ont appris, affirment-ils, « à accueillir aussi bien le tourisme de tour operator que le tourisme de long séjour ».

Parmi ses objectifs essentiels, la direction du Trinidad del Mar s’engage à élever la qualité du service et la formation de son personnel. La meilleure façon de tirer son épingle du jeu dans une compétition où le soleil, le sable, et une architecture de type colonial ne sont pas les seuls éléments qui comptent.
 

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