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 C U L T U R E L L E S

La Havane. 10 Mai 2012

« Virgiliando », de José Milian

Mireya Castañeda

REMERCIONS l’arrivée des centenaires… On en célèbre plusieurs en 2012, parmi les plus importants, celui de Virgilio Piñera (1912-1979), poète, romancier et dramaturge.

Plusieurs mises en scène de ses œuvres par des groupes de théâtre sont à l’affiche, ainsi que la publication de nombreuses œuvres de Virgilio Piñera et sur cet auteur. Considéré comme le créateur du théâtre moderne dans l’île, Piñera a incontestablement marqué le théâtre cubain.

Parmi ces textes, signalons Virgiliando (Éditions Alarco), du dramarturge José Milian, prix national de Théâtre 2008.

On trouve dans Virgiliando la pièce de théâtre Si vas a comer, espera por Virgilio (Si tu dois déjeuner, attends Virgilio), ainsi qu’un journal de mémoires qui donne son titre à l’ouvrage qui est, selon le commentaire de la quatrième de couverture, «  une sorte de journal d’une amitié » : celle de l’auteur avec Virgilio Piñera, du début des années 60, à la grisaille des années 70 jusqu’à la contemporanéité. Un témoignage d’amitié conservée dans ces pages pour que ni l’oubli ni le temps ne lui fasse ombrage ».

Citons plutôt José Milian : « Virgiliando est un jeu entre le souvenir et la représentation de cette époque ou de ces expériences vécues avec une des figures majeures des lettres cubaines. Mais aussi… une promenade dans la mémoire de cette Havane que nous ne pouvons décrire que lorsque nous l’avons connue intimement » (Chapitre 31).

L’auteur de Vade retro, Otra vez Jehova con el cuento de Sodoma, Juana de Belciel mas conocida por Madre Juana de los Angeles, Y quién va a tomar café? ou Las mariposas saltan al vacio, précise : « J’ai voulu écrire quelque chose sur Virgilio qui ne soit pas seulement un recueil d’anectodes. Peut-être une appréciation. Mais presque tout le monde m’a devancé. Il ne s’agit pas d’être original, pas du tout, mais de proposer une vérité utile, qui permette de se forger une image vraie» (Chapitre 25).

Le lecteur apprécie ce volume de la Collection La Selva Obscura où José Milian montre sans fard leurs conversations, ses rencontres avec l’auteur de Aire frio ou d’Electra Garrigo, un maître qui le stimulait par ses commentaires sur la technique et qui l’encourageait.

C’est ainsi qu’il apparaît dans le chapitre 25. Milian cite Virgilio Piñera : « La systématicité est ce qui te donne du métier. C’est là que tu apprends à évaluer ce qui t’es utile ou pas. À une heure précise de la matinée je m’assois et elle (l’inspiration) doit venir travailler. Je la maîtrise ! »

Cette deuxième partie de Virgiliando nous offre des souvenirs de l’amitié de José Milian avec l’intellectuel, et avec ces anecdotes, « il laisse le lecteur libre de se construire son propre Virgilio, et … il est là, dans celui que chaque personne invente ».

L’ouvrage commence par la pièce de théâtre Si vas a comer espera por Virgilio, devenue un des classiques du théâtre contemporain cubain, écrit par José Milian.

Les spectateurs de la mise en scène, au Petit théâtre de La Havane, dirigé par José Milian, auront apprécié l’efficacité de la bande sonore, le design des lumières, la scénographie et les costumes (de Milian). Quant à la dramaturgie, soulignons la combinaison de dialogues précis, une bonne construction dramatique, et un jeu d’acteurs remarquable. Un spectacle d’une facture artistique exceptionnelle.

Cette pièce ajoutée aux mémoires nous rapproche de Virgilio Piñera.

Qu’est-ce que Virgiliando ? José Milian nous donne la réponse : « C’est une sorte de journal, mais réel d’un bout à l’autre. »
 

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