Il nous a confié qu’il a passé ces quatre
derniers mois à travailler à la modification de la
requête de rapatriement – René en avait déjà
présenté une à la juge Joan Lenard avant sa
libération, mais celle-ci l’a rejetée considérant qu’il
n’avait pas encore fait ses preuves – ; elle lui
signifiait d’en présenter une nouvelle prochainement
pour « convaincre la juge de son comportement
exemplaire en liberté surveillée », et lui permettre
de « rentrer et de vivre de façon permanente Cuba
dans un proche avenir ».
Ce que Me Horowitz n’a pas pu préciser,
c’est la durée de cet « avenir proche ». « C’est
comme un match de baseball. On ne sait jamais
combien de temps il va durer ; on joue chaque manche
mais il n’y a pas de temps limite. La requête sera
présentée prochainement, mais une fois qu’elle sera
en la possession de la juge, il n’existe pas de
calendrier prévu pour qu’elle donne sa réponse. Cela
dépend du moment où elle décidera de l’examiner. Ce
sera ensuite au gouvernement de répondre. Puis ce
sera notre tour, et finalement la juge décidera de
la date.
Interrogé sur la cruauté qu’une démarche aussi
simple prenne autant de temps pour cet homme de 55
ans, qui a déjà purgé une peine longue et injuste,
l’avocat a répondu :
« Les 13 ans de prison ont été réellement durs.
Et les quatre mois de séparation de son épouse, de
ses filles, de sa famille, de ses parents et de son
pays sont une insulte ».
Me Horowitz espère que la Cour prendra
en compte le fait que René est citoyen cubain – même
s’il a la citoyenneté nord-américaine – et qu’il
souffre de sa séparation forcée de sa famille.
La requête remaniée s’appuiera sur ces éléments
et sur le bon comportement de René. Les craintes
pour la sécurité du Héros cubain, obligé de rester
sur un territoire où les terroristes que les Cinq
surveillaient se déplacent librement, reste un
argument essentiel de la requête : Selon Me
Horowitz :
« Il existe une grande préoccupation par rapport
à la sécurité de René, quand on sait qu’une personne
qui occupe une haute fonction à la Chambre des
Représentants – il fait allusion à Ileana Ros-Lethinen,
qui a porté de graves accusations contre René sur
son site web officiel –, a déclaré à tort que René
avait du sang nord-américain sur les mains pour de
monter l’opinion publique contre René. Elle laisse
entendre qu’il s’agit un vulgaire assassin alors que
le seul sang qu’il a pu avoir sur les mains, c’est
celui d’une coupure en se rasant… Ces mensonges sont
destinés à mettre René en situation d’insécurité ;
c’est là notre principal sujet d’inquiétude », a
expliqué l’avocat.
« Pour des raisons de sécurité, je ne peux pas
divulguer son lieu de résidence »
À un moment du dialogue, qui a abordé également
la situation des requêtes en habeas corpus des Cinq,
les détails sur les conditions de la liberté
surveillée de René, de sa santé, de l’impossibilité
d’accéder à une assurance médicale et autres
restrictions cruelles et absurdes, comme celles qui
l’empêchent de retrouver sa femme ou son frère
Roberto, qui a été un très important collaborateur
de la défense, et qui pour des problèmes de santé ne
peut pas voyager aujourd’hui pour lui rendre visite,
Me Horowitz nous a étonnés par ce
commentaire inattendu : « Il y a une question que
vous ne m’avez pas posée et que l’on me pose très
fréquemment aux États-Unis : Où vit René ? Jamais je
ne le dirai. Non pas parce que je n’ai pas confiance
en vous. J’ai confiance en vous et en toutes les
personnes présentes dans cette salle. Vous
comprendrez que pour des raisons sécurité, je ne
peux pas divulguer ce genre d’information. » C’était
la question que je ne lui aurais jamais posée, et
cependant c’est avec cette réponse qu’il a choisi de
conclure l’interview. Je pense que par cette réponse,
Me Phillip Horowitz, l’avocat de René
Gonzalez Sewherert, nous souligne combien il est
absurde que le Héros cubain soit contraint de rester
sur le territoire nord-américain depuis sa sortie de
prison, il y a exactement quatre mois.
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MIAMI
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