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N O U V E L L E S

La Havane. 10 Février 2012 

Me Phillip Horowitz, l’avocat de René Gonzalez : « La prison a été dure et cette liberté surveillée est une insulte. »

LE 7 février, cela a fait exactement quatre mois que l’antiterroriste cubain René Gonzalez Sewherert a été mis en liberté surveillée. Ce même jour nous nous sommes entretenus à La Havane pendant près d’une demi heure avec Phillip Horowitz, son avocat.

Il nous a confié qu’il a passé ces quatre derniers mois à travailler à la modification de la requête de rapatriement – René en avait déjà présenté une à la juge Joan Lenard avant sa libération, mais celle-ci l’a rejetée considérant qu’il n’avait pas encore fait ses preuves – ; elle lui signifiait d’en présenter une nouvelle prochainement pour « convaincre la juge de son comportement exemplaire en liberté surveillée », et lui permettre de « rentrer et de vivre de façon permanente Cuba dans un proche avenir ».

Ce que Me Horowitz n’a pas pu préciser, c’est la durée de cet « avenir proche ». « C’est comme un match de baseball. On ne sait jamais combien de temps il va durer ; on joue chaque manche mais il n’y a pas de temps limite. La requête sera présentée prochainement, mais une fois qu’elle sera en la possession de la juge, il n’existe pas de calendrier prévu pour qu’elle donne sa réponse. Cela dépend du moment où elle décidera de l’examiner. Ce sera ensuite au gouvernement de répondre. Puis ce sera notre tour, et finalement la juge décidera de la date.

Interrogé sur la cruauté qu’une démarche aussi simple prenne autant de temps pour cet homme de 55 ans, qui a déjà purgé une peine longue et injuste, l’avocat a répondu :

« Les 13 ans de prison ont été réellement durs. Et les quatre mois de séparation de son épouse, de ses filles, de sa famille, de ses parents et de son pays sont une insulte ».

Me Horowitz espère que la Cour prendra en compte le fait que René est citoyen cubain – même s’il a la citoyenneté nord-américaine – et qu’il souffre de sa séparation forcée de sa famille.

La requête remaniée s’appuiera sur ces éléments et sur le bon comportement de René. Les craintes pour la sécurité du Héros cubain, obligé de rester sur un territoire où les terroristes que les Cinq surveillaient se déplacent librement, reste un argument essentiel de la requête : Selon Me Horowitz :

« Il existe une grande préoccupation par rapport à la sécurité de René, quand on sait qu’une personne qui occupe une haute fonction à la Chambre des Représentants – il fait allusion à Ileana Ros-Lethinen, qui a porté de graves accusations contre René sur son site web officiel –, a déclaré à tort que René avait du sang nord-américain sur les mains pour de monter l’opinion publique contre René. Elle laisse entendre qu’il s’agit un vulgaire assassin alors que le seul sang qu’il a pu avoir sur les mains, c’est celui d’une coupure en se rasant… Ces mensonges sont destinés à mettre René en situation d’insécurité ; c’est là notre principal sujet d’inquiétude », a expliqué l’avocat.

« Pour des raisons de sécurité, je ne peux pas divulguer son lieu de résidence »

À un moment du dialogue, qui a abordé également la situation des requêtes en habeas corpus des Cinq, les détails sur les conditions de la liberté surveillée de René, de sa santé, de l’impossibilité d’accéder à une assurance médicale et autres restrictions cruelles et absurdes, comme celles qui l’empêchent de retrouver sa femme ou son frère Roberto, qui a été un très important collaborateur de la défense, et qui pour des problèmes de santé ne peut pas voyager aujourd’hui pour lui rendre visite, Me Horowitz nous a étonnés par ce commentaire inattendu : « Il y a une question que vous ne m’avez pas posée et que l’on me pose très fréquemment aux États-Unis : Où vit René ? Jamais je ne le dirai. Non pas parce que je n’ai pas confiance en vous. J’ai confiance en vous et en toutes les personnes présentes dans cette salle. Vous comprendrez que pour des raisons sécurité, je ne peux pas divulguer ce genre d’information. » C’était la question que je ne lui aurais jamais posée, et cependant c’est avec cette réponse qu’il a choisi de conclure l’interview. Je pense que par cette réponse, Me Phillip Horowitz, l’avocat de René Gonzalez Sewherert, nous souligne combien il est absurde que le Héros cubain soit contraint de rester sur le territoire nord-américain depuis sa sortie de prison, il y a exactement quatre mois.

- MIAMI 5 
 

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