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 S P O R T S

La Havane. 12 Avril 2012 

LEINIER DOMINGUEZ
L’équilibre entre sport et famille

Harold Iglesias Manresa

LEINIER Dominguez, avec 2 730 points ELO, est aujourd’hui le meilleur joueur d’échecs d’Amérique latine. Il est connu de l’élite mondiale de cette discipline, en digne héritier du génie cubain José Raul Capablanca, considéré comme l’un des meilleurs joueurs d’échecs de tous les temps.

Actuellement 20e du classement mondial de la Fédération internationale d’échecs (FIDE), Leinier a accepté de livrer ses impressions au quotidien Granma. Ce joueur talentueux a comme philosophie qu’« il est toujours possible de faire mieux. J’essaie de mener une vie normale, de trouver l’équilibre parfait entre le sport et la famille. Les deux sont complémentaires, ce qui m’a aidé à rester concentré et confiant, pour être performant… »

À l’âge de 17 ans vous avez remporté le titre de Grand maître au tournoi Open de Linares, en juillet 2005, avec 25 points. Aujourd’hui vous avez franchi le cap des 2 700 points ELO. Ressentez-vous une pression quelconque ?

La pression existe toujours. Je suis certes devenu grand maître très jeune, mais cela m’a permis de me mesurer à des adversaires d’un niveau supérieur depuis que j’avoisinais les 2 650 points ELO. Par contre, j’ai eu pas mal de pression à l’approche des 2 700 points. Le coefficient ELO ne doit pas t’empêcher de développer ton jeu.

Des adversaires compliqués ? Vos résultats face à eux ?

Tous les joueurs de l’élite sont des adversaires difficiles. D’après mes résultats, je citerais le Norvégien Magnus Carlsen (2 835). Mais il y a une super élite composée de Carlsen, de l’Arménien Levon Aronian (2 820), du Russe Vladimir Kramnik (2 801) et de l’Indien Viswanathan Anand (2 799). C’est un mélange de talent et de travail. Carlsen est peut-être le moins travailleur, mais c’est le plus génial.

Vient ensuite un groupe de joueurs très forts, aux ELO supérieurs à 2 700, où figure l’Ukrainien Vassily Ivanchuk. C’est un joueur au style de jeu très universel. Il n’est peut-être pas très stable, mais il est redoutable quand il est en forme. Il fait très peu de matches nuls. Pour moi, c’est l’un des meilleurs joueurs de l’histoire.

On a remarqué que vous faites pas mal de matches nuls quand vous êtes en forme…

Parler de forme optimale est une chose assez compliquée. Il faut un parfait équilibre entre l’entraînement et le jeu, ce qui te permet de mieux calculer les variantes et d’avoir une meilleure capacité d’anticipation. L’idéal est d’équilibrer cela avec la composante physique. Par exemple, entre la fin de 2010 et le début de 2011 j’ai très peu joué, et c’est probablement la cause de ma baisse de forme qui a duré jusqu’à octobre dernier.

Quant aux matches nuls, cela dépend du niveau du tournoi auquel tu participes. C’est une tendance du jeu d’échecs actuel. Je ne vais jamais chercher un match nul. Mon style de jeu est plutôt agressif.

Que pensez-vous du Championnat national ?

J’aime me mesurer à mes compatriotes. Et j’estime juste le nouveau format de ce tournoi pour préserver l’Elo de Lazaro Bruzon et le mien.

Mauvais moments ? L’impact des nouvelles technologies ?

Je me souviens avoir très bien terminé l’année 2004. J’ai terminé 5e aux Championnats du monde de Tripoli, j’avais eu un rendement de 2 808 au Tournoi Capablanca de cette année, et je m’étais très bien débrouillé comme premier échiquier aux Olympiades de Calvia. Cependant, en 2005 j’ai connu une baisse de régime, mais j’ai réussi à me remotiver et à sortir de cette mauvaise passe. Pour ce qui est des technologies modernes, je dois dire que des programmes très sophistiqués ont été mis au point au cours des dix dernières années ; ils peuvent envisager une quantité énorme de variantes. Ils ont contribué à l’évolution des échecs. Mais il est toujours essentiel de bien se préparer, d’avoir une bonne équipe et de savoir doser intelligemment les tournois en fonction de l’Elo.

La famille et d’autres passions ?

Ma famille est très importante pour moi. Elle m’a beaucoup aidé dans ma carrière. Les échecs ont fait de moi une meilleure personne. Comme supporter, j’ai beaucoup d’admiration pour les Industriales, l’équipe de baseball de La Havane, et en foot pour le Real Madrid. J’aime aussi faire du tennis pour améliorer mes conditions physiques.

L’avenir ?

Je suis optimiste. J’ai toujours adoré les échecs. Le sais que je pourrais leur accorder davantage de temps, mais je préfère suivre ma philosophie de l’équilibre. »

Ainsi conclut Reinier Dominguez, qui a franchi le cap des 2 700 points en juillet 2008.
 

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