Granma International Édition en français
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La Havane, Cuba, Vendredi, le 24 Mai 2013
La grande bataille, c'est la lutte contre nos propres limitations et nos insuffisances
Leticia Martinez Hernindez et Yaima Puig Meneses
LE général d’armée Raul Castro Ruz a réitéré la nécessité de lutter contre le gaspillage des ressources, car « la bonne gestion des ressources constitue la principale source de revenus de notre économie », et on ne lui accorde pas toujours l’importance qu’elle mérite. « Rien ne sert d’aller chercher ailleurs ce que nous pouvons produire chez nous », a-t-il dit.
Le président a formulé ces remarques lors de la réunion élargie du Conseil des ministres, qui a traité de plusieurs points essentiels pour l’actualisation du modèle économique cubain, et où les participants se sont accordés sur le fait que la grande bataille actuelle, c’est la lutte contre nos propres limitations et nos insuffisances.
Par ailleurs, Raul a relevé l’importance de la préparation et de la formation des cadres et des travailleurs, qui seront en définitive chargés de la mise en application de chacune des mesures qui seront adoptées, afin d’accélérer ce processus.
« Les erreurs conduisent à des pertes qui se chiffrent en millions », a-t-il rappelé, avant de citer en exemple plusieurs des problèmes qui ont entravé le processus d’investissements.
À cet égard, le premier point à l’ordre du jour a été présenté par Adel Yzquierdo Rodriguez, ministre de l’Économie et de la Planification, qui a exposé les principes recueillis dans la politique conçue pour perfectionner le processus d’investissement du pays. Selon le ministre, le principal objectif de cette politique est d’actualiser et d’unifier les normes juridiques en la matière en vue d’une meilleure efficience dans ce domaine.
Yzquierdo, qui est également vice-président du Conseil des ministres, a précisé que le diagnostic qui a été établi a révélé un ensemble d’insuffisances parmi lesquelles une mauvaise gestion des capacités, le manque de leadership de l’investisseur, et l’usage incorrect du contrat.
À ce sujet, la politique adoptée par le Conseil des ministres à cette réunion définit l’investisseur comme le sujet principal de tout le processus. Il doit être conçu intégralement, y compris dans l’analyse des chaînes productives, avec la participation de toutes les formes de gestion.
Les participants se sont ensuite penchés sur la politique en vue de la réorganisation et l’exploitation optimale des machines-outils et du matériel, un point selon Salvador Pardo Cruz, ministre des Industries, qui revêt une importance capitale pour assurer une utilisation rationnelle des installations et des équipements.
Il a rappelé qu’avant 1990 l’industrie métallo-mécanique travaillait avec des capacités surdimensionnées. « C’est à partir de cette année-là qu’a commencé la détérioration, les interruptions, la sous-utilisation des capacités, la diminution de la main-d’œuvre technique et le manque d’entretien », a-t-il rappelé.
Un recensement de 58 000 machines appartenant à près de 2 000 entités a révélé qu’un bon nombre d’entre elles sont dans un état défectueux et obsolète. Par ailleurs, le taux d’utilisation du parc de machines est faible (30%), de même que la base d’ingénierie et d’informatisation.
« Rien que pour la période 2001-2010, nous avons importé pour une valeur de 680 millions de CUC (pesos convertibles) des produits qu’auparavant nous pouvions fabriquer nous-mêmes », a affirmé Pardo Cruz.
Sur ce point, le président du Conseil d’État et du Conseil des ministres a insisté une nouvelle fois sur la nécessité de récupérer tout ce qui peut être réparé, dans le cadre de la politique d’entretien et de maintenance. « Beaucoup du vieux matériel qui est aujourd’hui à l’arrêt peut encore nous être utile », a-t-il affirmé, citant en exemple le travail accompli dans les Forces armées révolutionnaires, qui sont parvenues à moderniser leur armement face aux prix prohibitifs sur le marché international.
Ainsi, le Conseil des ministres a approuvé la politique appelée à identifier des priorités et des systèmes de travail en vue d’un usage correct des machines et du matériel en général, et d’éviter la dégradation et le démontage à outrance du parc.
La réunion élargie du Conseil des ministres s’est prononcée pour une réorganisation du matériel existant, ainsi qu’une réorientation à court terme des productions métallo-mécaniques afin de satisfaire la demande des nouvelles formes productives qui ont vu le jour. Par ailleurs, il est prévu d’explorer de nouvelles formes de coopération, de complémentarité et de synergie entre les entités de production étatiques et non étatiques, les ateliers de soutien et l’industrie locale permettant de réduire les coûts de production.
Leonardo Andollo Valdés, vice-responsable de la Commission permanente pour la mise en œuvre et le développement des Orientations, a ensuite exposé les principaux aspects relatif au perfectionnement fonctionnel et structurel adoptés par le ministère de l’Industrie alimentaire (MINAL). Cette proposition a été approuvée par les membres du Conseil des ministres.
Il a rappelé que la première étape de restructuration a eu lieu en 2009, avec la fusion du ministère de l’Industrie alimentaire et celui de la Pêche. Les changements qui ont commencé à s’opérer ont pour but de séparer les fonctions étatiques de celles des entreprises, a-t-il souligné.
« Malgré la création, en 2009, d’une Organisation
supérieure de direction d’entreprises (OSDE), il reste
encore du travail à faire quant à la capacité de cette
instance de remplir les fonctions que suppose son rôle.
C’est pourquoi l’actuelle réorganisation a pour but de
lui permettre de remplir les fonctions qui lui sont
attribuées, et d’assurer un travail plus rationnel et
intégral des organes de direction des deux structures
(le secteur étatique et les
entreprises).
LE SYSTÈME CONTRAVENTIONNEL
Un sujet abordé durant la réunion du Conseil des ministres et qui a été approuvé par ses membres : la politique de perfectionnement du Système contraventionnel, qui revêt une grande importance pour continuer de mettre de l’ordre dans notre société.
Selon la ministre de la Justice Maria Esther Reus, cette activité est régie aujourd’hui par 80 normes juridiques, ce qui suppose une grande dispersion législative, dans certains cas une multiplication des dispositions sur un même thème, voire des contradictions.
À ceci s’ajoute l’existence de 30 corps d’inspection, avec plus de 15 000 inspecteurs, dont certains dépourvus de la formation et du professionnalisme requis, ce qui a été à l’origine de plusieurs cas de corruption.
Par ailleurs, elle a souligné le manque de mesures plus sévères pouvant servir d’exemple comme le retrait des licences et des autorisations, ainsi que les confiscations, précisant que la législation actuelle oblige à infliger des contraventions qui dans certains cas ne font que légaliser les violations au lieu de les sanctionner.
La ministre de la Justice a affirmé que l’imposition d’amendes ne répond pas toujours à un travail systématique et cohérent. Elle a jugé inadapté le montant des pénalités, et elle a critiqué le fait qu’elles ne tiennent souvent pas compte du comportement récidiviste des contrevenants.
La politique conçue prétend réunir dans une seule norme générale ayant force de loi, les comportements passibles de contraventions et les mesures à imposer, avec une procédure unique pour leur application dans les conditions de l’actualisation du modèle économique.
Parmi les mesures prévues, le montant total de l’amende sera fixé en fonction de la gravité et de la durée de l’infraction, et sur la base du salaire minimum. La récidive de l’infraction sera une cause d’aggravation de la sanction, les amendes devront être acquittées dans les 72 heures, et l’entité chargée de recouvrer les contraventions sera habilitée à procéder à la saisie des biens, des salaires, des comptes bancaires et d’autres revenus en cas de non-paiement.
La ministre de la Justice s’est ensuite référée au plan d’inscription d’immeubles publics, qui se poursuit dans tout le pays. Cette activité, a-t-elle dit, a pour but de confier aux institutions la protection juridique et la préservation du patrimoine de l’État.
« L’inscription de ces immeubles nous permet de continuer de lancer d’autres actions dans le cadre de l’actualisation de notre modèle économique. Par exemple, ces immeubles doivent être inscrits avant de proposer des locaux en location aux travailleurs indépendants. Ainsi, les locaux inscrits au patrimoine de l’État peuvent être mis à la disposition des nouvelles formes de gestion », a-t-elle dit.
NOUVELLES IDÉES DANS LA COMMERCIALISATION DES PRODUITS AGRICOLES
Marino Murillo, responsable de la Commission pour la mise en œuvre et le développement des Orientations, a présenté un exposé sur la politique de commercialisation de produits agricoles dans les provinces de La Havane, Artemisa et Mayabeque, une expérience qui devrait s’étendre au reste du pays.
Il a signalé que des produits comme le riz, les haricots secs, les pommes de terre, l’igname, la patate douce, les oignons, l’ail et les tomates conservent leurs prix fixés pour les centres de réception centralisés.
Par ailleurs, les entités de base de production pourront passer des contrats directs avec les clients pour ce qui est des produits destinés à satisfaire les commandes de l’État, afin de supprimer les intermédiaires qui entravaient la chaîne de vente. Une fois leur contrat exécuté, les entités de base de production pourront vendre leurs produits à des tiers pour leur commercialisation.
Les acheteurs étatiques, comme les marchés agricoles et les entités de consommation locale pourront accéder aux marchés de gros, à l’instar des acheteurs non étatiques.
Marino Murillo, qui est également vice-président du Conseil des ministres, a aussi informé de la création du marché de gros pour l’approvisionnement en produits agricoles El Trigal, dans la municipalité havanaise de Boyeros.
Il a aussi précisé que les marchés agricoles fonctionneront selon deux modalités : les marchés gérés par l’État, habilités à opérer sur un pied d’égalité avec le reste des établissements, et les marchés placés sous la juridiction des coopératives agricoles.
AMÉLIORER LE CONTRÔLE DE GESTION
Plus loin, Gladys Bejerano Portela, présidente de la Cour des comptes de la République, a quant à elle présenté un exposé sur les principales actions de contrôle menées en 2012, dont les résultats fournissent une information précieuse pour identifier les principales causes et conditions propices aux insuffisances, aux indisciplines, aux illégalités et aux actes de corruption.
À cet égard, elle a signalé que le Guide d’autocontrôle est devenu un outil très précieux au niveau de la prévention.
« Cependant, même si les derniers résultats traduisent une amélioration dans les évaluations de contrôle interne réalisés auprès des entreprises, de sérieux problèmes et des vulnérabilités persistent », a-t-elle souligné.
« Il s’impose de porter les analyses au-delà des conséquences visibles, et de procéder à un diagnostic plus approfondi pour déceler les véritables causes », a dit Gladys Bejerano Portela, qui est également vice-présidente du Conseil d’État.
« Il nous faut donc insister sur la conduite et la formation des responsables et des fonctionnaires de l’administration, car c’est à eux que revient en premier lieu dans leur entité ou organisme de veiller au respect de la légalité et des engagements contractés. »
COMMERCE EXTÉRIEUR
Concernant l’exportation des services, Rodrigo Malmierca Diaz, ministre du Commerce extérieur et des Investissements étrangers, a affirmé que cette sphère est devenue la principale source de revenus en devises du pays et offre un grand potentiel de croissance.
Il a expliqué que, l’année dernière, les plus forts taux ont été enregistrés dans les domaines de la santé et du tourisme.
Plus loin, le ministre a exposé les principales lignes de travail pour continuer de développer cette activité, en insistant sur « la formation de tous les acteurs de la chaîne d’exportation des services, de sorte à créer une véritable culture de l’exportation nous permettant d’obtenir les résultats dont le pays a besoin ».
« Dans l’actuelle conjoncture économique, dont l’impact se répercute sur notre commerce extérieur, la diversification des marchés et des services exportables revêt une importance capitale », a-t-il indiqué.
Prenant la parole à ce sujet, Raul a reconnu le noble travail des médecins cubains, qui jouissent aujourd’hui d’un prestige dans le monde, car ils n’hésitent pas à aller travailler dans les endroits les plus reculés, où personne n’avait vu un médecin.
Le ministre du Commerce extérieur et des Investissements étrangers a présenté un rapport sur les irrégularités détectées dans le fonctionnement des affaires avec du capital étranger et dans le cadre de contrats internationaux, qui nuisent à l’économie du pays.
Il a affirmé que « les résultats des actions menées par le Cour des comptes de la République méritent d’être étudiées afin d’en tirer des expériences et éviter que de telles erreurs ne se répètent dans l’avenir ».
Parmi les principales causes, il a cité le manque de rigueur, de contrôle et de suivi, ainsi que la conduite et l’attitude des responsables et des fonctionnaires impliqués dans ces faits, que ce soit par ignorance, pour leur manque de compétence ou pour des violations d’ordre éthique.
ACTES DÉLICTUEUX DANS LA COMERCIALISATION DE COMBUSTIBLES
Le ministre de l’Économie et de la Planification Adel Yzquierdo Rodriguez a ensuite informé sur les irrégularités et les manifestations délictueuses relevées dans la commercialisation des combustibles.
Il a précisé que les principaux vols de combustible ont été détectés dans les raffineries, les bases de transport et les stations service, ceci en raison notamment du manque de contrôle, l’absence ou l’utilisation incorrecte des instruments de mesure.
Yzquierdo Rodriguez a précisé que « la forte demande et les gains engendrés par ce trafic illicite font en sorte que ce secteur soit très prisé par des personnes sans scrupules, qui revendent ensuite le combustible jusqu’à 60% au-dessous des prix officiels ».
Le ministre a annoncé plusieurs mesures pour contrecarrer ce phénomène, dont la mise en œuvre d’un programme intégral progressif en vue de la capitalisation technologique des systèmes de réception, de stockage et de distribution de combustible ; la vérification des systèmes de mesure ; l’exécution complète des investissements prévus dans les raffineries Ñico Lopez, Camilo Cienfuegos et Hermanos Diaz, censés renforcer le contrôle, et l’automatisation des terminaux d’embarquement d’hydrocarbures.
Il est également prévu de renforcer et d’étendre le système GPS au réseau ferroviaire et aux bases de transport automobile, et d’évaluer une proposition pour la vente de combustible aux travailleurs indépendants sans que cela n’implique une hausse des tarifs de transport de la population.
La réunion élargie du Conseil des ministres s’est également penchée sur la marche des travaux réalisés dans le cadre du traitement des données du Recensement de la population et des logements. Dans son exposé, le responsable de la Commission permanente pour la mise en œuvre et le développement des Orientations, Marino Murillo, a signalé que jusqu’à présent toutes les actions menées se révèlent positives, précisant que les résultats définitifs seront présentés au gouvernement dans les délais prévus, à savoir le 30 juin.
RÉUNION DU CONSEIL DE DÉFENSE NATIONALE
Ce même samedi 11 s’est déroulée la réunion élargie du Conseil de défense nationale, au cours de laquelle le général d’armée Raul Castro, en sa qualité de président de cet organe, a qualifié de satisfaisante la préparation du pays pour la défense en 2012.
Un intérêt particulier a été accordé à l’évaluation des expériences recueillies en matière de prévention des catastrophes lors du passage de l’ouragan Sandy dans l’est du pays, notamment dans la province de Santiago de Cuba, afin de réduire encore les risques pour l’avenir.
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RELATIONS CUBA-UNION
EUROPÉENNE
Une
exception qui ne saurer perdurer
• M. Christian Leffler, directeur pour
les Amériques du Service européen d'action étrangère (SEAE),
a offert des déclarations sur les avancées d'un accord
de coopération avec l'Île
Sergio Alejandro Gomez
CUBA est le seul pays d’Amérique avec lequel l’Union européenne ne dispose pas d’un cadre contractuel pour ses relations bilatérales. « Il s’agit d’une exception qui ne saurait se maintenir dans le temps », a affirmé le directeur pour les Amériques du Service européen d’action étrangère (SEAE), M. Christian Leffler, à l’occasion d’une récente visite à Cuba.
Le diplomate suédois a expliqué à Granma que les autorités des 27 pays membres du bloc ont engagé des discussions à propos des directives de négociations proposées par le SEAE visant à la mise en place d’un cadre bilatéral avec Cuba.
M. Christian Leffler s’est dit confiant sur le fait qu’il existe « un consensus sur le principe d’aller vers un accord », ce qui devrait aboutir à un mandat « à un moment ou l’autre avant la fin de l’année ».
« Cette visite n’est pas le lancement officiel des négociations, mais l’occasion d’expliquer à mes interlocuteurs cubains notre façon de voir cette négociation et d’élaborer une vision commune. »
Pendant quatre jours – a-t-il expliqué – il a eu des entretiens avec des représentants du gouvernement, ainsi qu’avec plusieurs responsables et des associations afin d’avoir une idée plus claire de la situation actuelle, des attentes de ses interlocuteurs et des perspectives de progrès.
« Ma visite représente une étape, un pas important dans cette préparation de la négociation », a-t-il souligné.
« Cela nous paraît le moment adéquat pour élaborer ce cadre partagé qui pourrait nous permettre d’orienter conjointement l’évolution des relations dans les années à venir, mais aussi pour accompagner les changements et les modernisations en cours à Cuba », a-t-il déclaré.
Le diplomate suédois a précisé qu’il n’existe « aucune condition technique ou mécanique » pour la future négociation.
« Nous venons avec nos idées, nous les exposons, et parfois nos inquiétudes ou nos questions. Nous discutons des éléments de divergence avec nos interlocuteurs cubains pour mieux comprendre la position de l’autre et pour chercher des zones de convergence pour une coopération bilatérale ou à multinationale. »
« L’objectif, que je crois partagé, c’est d’établir un cadre global conjoint pour cette relation bilatérale qui servirait de plateforme pour développer davantage les échanges et les relations. »
Bien que le cadre de la coopération avec l’Union européenne ne soit pas encore établi légalement, il existe des accords bilatéraux avec plus de 14 pays membres, et les échanges économiques atteignent des niveaux importants dans plusieurs secteurs.
« L’Union européenne continue d’être une des principaux partenaires commerciaux de Cuba et le premier en terme d’investissement », a précisé M. Christian Leffler.
CUBA ET L’UE DANS LE CONTEXTE INTERNATIONAL
L’Union européenne et Cuba ont établi des points de contact dans des espaces multilatéraux. M. Leffler a signalé que depuis que Cuba assume la présidence pro tempore de la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC), l’Union européenne « réalise un bon travail avec les partenaires de la mission cubaine à Bruxelles et avec le ministère des Relations extérieures (MINREX) ».
Par ailleurs, a-t-il souligné : « le travail accompli par Cuba à l’organisation et à la structuration des tâches de la CELAC depuis le mois de janvier n’a pas été une surprise, car nous avons toujours eu confiance dans les capacités de l’Île ».
À une question sur le rôle des États-Unis dans les relations entre le bloc européen et Cuba, le diplomate a répondu que la recherche d’un accord de coopération est « une question qui concerne exclusivement les deux parties ».
Il a également ratifié la position manifestée clairement à l’ONU concernant « le rejet de mesures unilatérales entre pays, ainsi qu’une position critique envers le blocus ».
Concernant la profonde crise économique que traverse l’Europe, Leffler a estimé que l’UE sortirait de cette crise. « Nous avons connu d’autres crises auparavant », a-t-il dit.
À ce propos, il a souligné l’importance de la coopération entre les pays les moins touchés et ceux qui sont aux prises à des dificultés.
« Ce n’est pas facile, a-t-il souligné, pour un chef d’État d’expliquer à ses électeurs qu’il va mobiliser des milliards d’euros pour les transférer à un autre pays en crise.
Cependant, il faut le faire et il le font, a-t-il ajouté, parce qu’ils se rendent compte que toutes les économies sont interconnectées et que la stabilité économique d’un pays crée des déséquilibres dans d’autres, mais aussi parce que ce qui est en jeu, c’est plus que l’économie, c’est la vision partagée d’un modèle de société qui se décide.
« Les dirigeants européens ont déclaré que la sortie de la crise ne saurait se réaliser en se fermant au monde extérieur. Il n’est jamais question de ralentir les échanges et la coopération, au contraire », a-t-il conclu.
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Don d'une sculpture pour la maison d'Ernest Hemingway à La Havane
Livia Rodríguez Delis
« J’AIME ce pays et je m’y sens comme chez moi et là où un homme se sent comme chez lui, en dehors du lieu où il est né, c’est le lieu auquel il était destiné a dit Hemingway. Quant à moi, je serai toujours le combattant qui a choisi Cuba, comme le fit l’écrivain nord-américain ». C’est ce qu’a déclaré l’Italien Franco Lucchetta, l’ami de Cuba, après avoir fait don au Musée de la Finca Vigia, situé à La Havane de la sculpture Hemingway et la mer, qui fera partie de la collection permanente de la maison cubaine de l’auteur de Pour qui sonne le glas.
Réalisé par son compagnon d’armes pendant la Guerre civile espagnole, l’artiste plasticien Renzo Orvieto, la pièce est un buste d’Hemingway, décoré d’éléments qui évoquent son attachement à la mer et sa passion pour la pêche.
« Cette sculpture est un hommage à Renzo Orvieto à l’occasion du 67e anniversaire de la victoire contre le fascisme, que nous serons toujours prêt à combattre comme pendant la Guerre civile », a affirmé M. Lucchetta, qui est membre d’honneur et membre fondateur du Club international Hemingway de Cuba.
M. Franco Lucchetta a exprimé ses remerciements à l’Institut cubain d’amitié avec les peuples (ICAP), au Conseil national du Patrimoine et au Musée Finca Vigia, pour avoir facilité la remise de ce don.
Elio Gamez Neira, premier vice-président de l’ICAP, a qualifié le don de cette œuvre de belle initiative, car elle est un symbole de l’amitié et de l’amour de Lucchetta envers Cuba et sa Révolution.
Il a signalé également la contribution de l’ami italien au rapprochement entre les peuples cubain et italien, son engagement en faveur de la levée du blocus nord-américain imposé à la plus grande des Antilles, ainsi que son rôle dans la divulgation de l’affaire des cinq Cubains anti-terroristes, injustement emprisonnés aux États-Unis, et de la réalité de l’Île face aux campagnes mensongères en Europe.
Et de conclure : « Lorsqu’un jour, l’on écrira l’histoire des relations de fraternité entre Cuba et l’Italie, ce sont des références obligatoires que l’on ne saurait oublier ».
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La solidarité avec Cuba s’intensifie
Nuria Barbosa Léon
LA dernière réunion de la 8e Brigade internationale du 1er Mai a été marquée par une ovation et une immense joie, à l’annonce de la nouvelle que le Héros antiterroriste cubain René Gonzalez restera à Cuba après avoir renoncé à sa nationalité nord-américaine.
Kenia Serrano Puig, présidente de l’Institut cubain d’amitié avec les peuples (ICAP), a annoncé la nouvelle, expliquant que l’administration de Barack Obama n’avait fait aucune faveur à René, car après avoir purgé complètement sa peine, il a été obligé de rester plus d’un an aux États-Unis, sous le régime de liberté surveillée.
La Déclaration finale émise par les plus de 300 participants à la Brigade, venus de 30 pays, prévoit d’organiser diverses actions afin de réclamer la liberté de Ramon, Antonio, Fernando et Gerardo, de démentir les campagnes médiatiques et d’exiger la levée de l’immoral blocus économique et financier contre Cuba, ainsi que la restitution de la base navale occupée illégalement, à l’est de la province de Guantanamo.
Pendant environ 15 jours, le groupe d’amitié a participé à des travaux volontaires, discuté avec des jeunes d’autres pays, participé au défilé du 1er Mai sur l’historique Place de la Révolution et il a assisté à la Rencontre internationale de solidarité au Palais des Conventions, organisée par la Centrale des travailleurs de Cuba. Par ailleurs, le groupe a rencontré des membres des familles des Cinq, et des nouvelles initiatives ont vu le jour pour continuer la bataille pour la libération des patriotes cubains.
Les artistes péruviens Max Lois Lazaro Moya, plasticien, et Teodoro Rivero Ayon Trujillo, écrivain, ont offert certaines de leurs œuvres au campement international Julio Antonio Mella, situé dans la municipalité de Caimito, dans la province Artemisa. Ils se sont déclarés satisfaits des connaissances qu’ils ont acquises sur Cuba, promettant de poursuivre la lutte pour la vérité et la justice, et exiger la libération des cinq Cubains, emprisonnés pour avoir infiltré des groupes terroristes installés en Floride.
10 ans après sa constitution, la brigade internationale du 1er Mai est la plus importante. Chaque année, le nombre de ses membres augmente, ce qui indique le prestige de Cuba dans le monde.
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Resserrer les liens avec le Venezuela
RESSERER les liens d’amitié et de fraternité qui unissent le Venezuela et Cuba sera l’objectif de la brigade vénézuélienne de solidarité Carlos Aponte, qui visitera l’Île chaque année.
Le premier groupe, qui a été formé en 2013 en coordination avec l’Institut d’amitié avec les peuples (ICAP), a participé au défilé du 1er Mai sur la Place de la Révolution à La Havane et à la Rencontre de solidarité, convoquée par la Centrale des travailleurs de Cuba.
Selon Pénélope Alcila, coordinatrice du groupe, les membres de la brigade qui représentent diverses organisations politiques et sociales vénézuéliennes, se sont donnés pour but de lutter contre la désinformation médiatique, le blocus économique et financier imposé à Cuba depuis plus de 50 ans par l’impérialisme nord-américain, ainsi que pour la liberté des Héros anti-terroristes cubains, injustement emprisonnés aux États-Unis.
« L’objectif, c’est que les brigades à Cuba se renouvellent afin que d’autres Vénézuéliens puissent connaître la Révolution cubaine et qu’ils disposent d’outils, de l’information directe nécessaires, pour pouvoir contrecarrer la propagande capitaliste », a déclaré Alcita. Et d’ajouter : « au cours de ce voyage, nous avons visité plusieurs provinces, nous avons rendu hommage au Che au Mémorial de Santa Clara, et nous sommes allés à Playa Giron dans la province de Matanzas, ce qui nous a permis de renforcer nos convictions, notre formation idéologique et notre esprit combatif pour défendre la Révolution bolivarienne. »
Les membres de la Brigade Carlos Aponte sont des jeunes, auxquels est venu s’ajouter Manuel Aponte, âgé de 70 ans, neveu de l’internationaliste vénézuélien, qui combattit avec les troupes nicaraguayennes d’Augusto César Sandino, puis qui s’exila à Cuba, où il mourut en 1935, aux côtés du révolutionnaire cubain Antonio Guiteras, à Morillo, dans la province de Matanzas.
Les brigadistes ont été touchés par les nombreux témoignages d’amour des Cubains envers le commandant président Hugo Chavez, sans compter la chaleur et l’affection qu’ils ont reçues dans tous les lieux visités.
Dans les prochains mois, ils travailleront à l’organisation de la 7e Rencontre continentale de solidarité avec Cuba, qui aura lieu à Caracas entre le 24 et le 27 juillet, date qui coïncide avec la naissance du Libertador de l’Amérique, Simon Bolivar, avec le 60e anniversaire de l’attaque de la caserne Moncada et l’anniversaire du président Hugo Chavez. (N.B.L.)
.............................................................................................................................. Regards sur la Cuba de 2013
Mayté Maria Jiménez
DES phénomènes aussi complexes que la fécondité, la mortalité et la migration ont servi de point de départ à une étude publiée par le Bureau national des statistiques et de l’information (ONEI), qui nous permet de porter un regard sur les évolutions démographiques prévisibles pour Cuba à l’horizon 2030, suivant les tendances et la situation socio-économique de la population au cours des dernières années.
Ainsi, par exemple, l’un des constats les plus inquiétants de ce rapport est que le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus, qui constituaient 1,9 million de la population en 2010, atteindra les 3,4 millions en 2030, ce qui représentera un défi pour la sécurité sociale, le système de santé et en matière de disponibilité de main-d’œuvre.
Ce qui fait que le coefficient de dépendance (il indique la proportion des personnes non productives) est actuellement favorable et le restera jusqu’en 2020, avant d’amorcer une tendance négative accélérée.
Selon les chiffres publiés, le nombre de personnes actives âgées de 15 à 59 ans diminuera de plus d’un million durant cette période, ce qui explique que le Parlement cubain ait voté une loi qui relève l’âge de départ à la retraite : 65 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes.
Il ressort du rapport de l’ONEI que dans 20 ans Cuba aura 31% de sa population âgée de 60 ans et plus, et sera le pays le plus vieux d’Amérique latine et de la Caraïbe, ceci dans une large mesure du fait de l’augmentation de l’espérance de vie des Cubains.
Selon les prévisions des Nations Unies, en 2050 Cuba fera partie des onze pays les plus touchés par le vieillissement, et les 60 ans et plus représenteront 38% de sa population.
UNE QUESTION DE TEMPS ?
Même si le vieillissement est l’expression la plus visible de la situation qui se dessine pour Cuba dans quelques décennies, l’une des raisons de cette situation est la diminution des taux de fécondité.
L’étude de l’ONEI prévoit une légère augmentation en 2030 résultant d’une hausse du taux global de fécondité (TGF) de 1,50 à 1,62 enfant par femme dans les 20 prochaines années.
Par ailleurs, les projections démographiques effectuées par le Bureau national des statistiques et de l’information fournissent des indications sur le rythme possible d’évolution de la fécondité dans chaque province du pays.
Les prévisions du premier quinquennat ont été obtenues à partir de la valeur moyenne de ce taux en 2003-2007, sans considérer la tendance de la variable à cause du manque d’une définition claire.
Par contre, pour l’établissement de ces prévisions, il a été tenu compte de l’incidence de la légère augmentation du taux jusqu’à 1,62 enfant par femme durant les 20 prochaines années, ce qui apparaît probable du fait des transformations en cours dans le contexte social et économique du pays.
À noter que la dynamique de cette variable à Cuba a suivi une trajectoire assez atypique caractérisée par une baisse considérable dans la décennie des années 70, jusqu’à atteindre des niveaux inférieurs au niveau de remplacement générationnel en 1978, dans un processus associé à la dernière phase de la transition démographique.
Cette tendance à la baisse s’est poursuivie jusqu’en 1981, lorsque le pays a atteint son plus faible taux de fécondité avec 1,61 enfant par femme.
La situation s’est ensuite inversée et est restée variable avec des valeurs entre 1,72 et 1,93, jusqu’au début des années 90, où l’on constate une contraction marquée, avec des valeurs de 1,44 et 1,59 enfant par femme comme taux maximum.
Le rapport précise que même si le XXIe siècle a fait naître un certain espoir quant à la relance de cet indicateur, il n’y a aucune évidence qu’il en sera ainsi.
L’année 2003 s’est soldée par une nouvelle contraction du taux de fécondité. Cependant, en 2008 le pays a enregistré 10 097 naissances de plus que l’année précédente, un constat qui pourrait être conjoncturel.
L’ONEI souligne que l’évolution de la structure par sexe et âge de la population, ainsi que sa proportion, auront une incidence considérable dans les services, dans l’économie, ainsi que dans le fonctionnement et la composition de la famille.
Face à cette évolution démographique assez particulière où l’on peut parler de population stable ou de croissance démographique zéro (lorsque la structure par âge et le taux d’accroissement sont pratiquement invariables), il est nécessaire d’assurer un suivi permanent des variables et l’analyse de leur évolution afin d’établir les pronostics les plus fiables possibles.
Les résultats de ces prévisions ont révélé une augmentation des décès liée au vieillissement de la population, malgré les progrès de l’espérance de vie. Pour sa part, la migration externe, qui enregistre un solde négatif, a augmenté.
Le rapport fait également état d’une diminution de la mortalité qui se traduit par une espérance de vie proche de 81 ans pour les femmes, et de 76,6 ans pour les hommes. En 2030, l’on prévoit que la moyenne de vie sera de 82,6 ans chez les femmes, et de 78,6 ans chez les hommes.
LES MOUVEMENTS DE POPULATIONS
Nous avons été témoins ces derniers temps des déplacements de populations, y compris au-delà des frontières, avec une tendance plus prononcée chez les jeunes.
Selon le Bureau national des statistiques et de l’information, les migrations externes se poursuivront à un rythme régulier durant la décennie 2010-2020, et subiront ensuite une diminution de 25% à chaque nouveau quinquennat.
Quant à la migration interne, elle demeurera constante aux niveaux affichés actuellement par les provinces du pays. Mais comment expliquer ce comportement ?
Même s’il s’agit-là d’une variable rendant le pronostic particulièrement difficile, selon les statistiques le phénomène des migrations a connu une certaine stabilité, aussi bien au plan interne qu’externe.
Pour obtenir ces résultats, les chercheurs sont partis sur un principe similaire à celui de la fécondité, autrement dit de la valeur moyenne totale annuelle au cours des cinq dernières années dans chaque province.
Les calculs par province des migrations internes et externes ont été faits séparément, en partant du principe que le solde migratoire négatif se maintiendra aux niveaux moyens actuels pendant les deux prochains quinquennats, suivi d’une baisse de 25% jusqu’à atteindre les chiffres les plus bas en 2030, avec un solde négatif.
Le rapport a été élaboré avec le soutien du Fonds de la population des Nations Unies, avec la participation de spécialistes du Centre latino-américain et caribéen de démographie (CELADE), de la Division de population de la Commission économique pour l’Amérique latine et la Caraïbe (CEPAL), en prenant comme point de départ l’année 2010.
Il est précisé dans cette étude que ces résultats viendront remplacer ceux obtenus dans les prévisions publiées en octobre 2006 dans le rapport intitulé Cuba : projection de la population. Cuba et ses territoires, réalisée pour la période 2007-2025.
Selon les spécialistes, la décroissance de la population cubaine a débuté en 2006, et cette tendance se maintiendra avec des fluctuations jusqu’à la fin de la période envisagée (2030).
Cette projection confirme les tendances précédentes,
mais avec une différence : cette fois les changements se
produiront dans une période plus brève, ce qui exigera
de la société cubaine des efforts pour trouver des
solutions à court et moyen termes.
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